PHILAPOSTEL

Jusqu'au 18-11-2016

+

logo
logo yvert et Tellier

L'Association des Collectionneurs
de La Poste et d'Orange

Philatélistes, cartophiles, numismates, toutes collections

Château de Gien (Loiret)
initiation
Les pays disparus : Biafra - Lagos (Nigéria)

LagosBiafra

Lagos

Lagos est la plus grande ville du Nigéria et d'ailleurs la plus grande ville de tout le continent africain au niveau de la population. Elle fut, jusque récemment, la capitale administrative du pays, avant d'être remplacée par Abuja. Il s'agit d'une ville côtière, dotée d'un très grand port, auquel il faut associer plusieurs bandes insulaires, qui ferment une lagune bordant plusieurs kilomètres de la côte nigériane, dans le golfe du Bénin.

Originellement, la ville se nommait Eko. Elle était habitée par le peuple Yoruba, jusqu'à l'arrivée de l'explorateur portugais Rui de Sequira en 1472. Ce dernier voit de suite un intérêt commercial dans ce petit archipel, ouvert sur le monde. Il baptise la zone Lac de Curamo, ce qui donnera ensuite son nom à la ville, « lac », se disant « Lago » dans le parler lusitanien.

Le Bénin, pays voisin, met un terme aux expéditions portugaises partant de Lagos en prenant possession des îles aux XVe et XVIe siècles. Par la suite, même si la ville s'affranchit de l'administration du Bénin et se voit gouvernée par des rois, que l'on nomme les Oba, elle doit malgré tout s'acquitter d'un lourd tribut envers le Bénin jusqu'en 1830.

Au XVIIIe siècle, les échanges entre les puissances européennes et Lagos s'intensifient, notamment au niveau de la traite négrière, dont l'île devient l'une des plaques tournantes. En 1841, le Oba de l'île, Akitoye, tente d'interdire le commerce des esclaves. Mais l'opposition des marchands est vive, à tel point qu'Akitoye est destitué au profit de son frère, et exilé ensuite. Lors de son exil, il rencontre des Britanniques, qui lui disent avoir aboli l'esclavage depuis plus de trente ans. Akitoye y voit des alliés de choix pour reconquérir son trône et mener à son terme son combat contre la traite humaine. En 1851, il est réinstallé dans ses fonctions d'Oba.

Bien évidemment, les Britanniques. en échange de cet appui, s'installent à Lagos. lls y voient nettement l'intérêt commercial que recèle la position stratégique de l'île, notamment au niveau de l'huile de palme. Celle-ci devient colonie de la couronne en 1861. La traite des esclaves est définitivement éradiquée.

Les premiers timbres émis
Effigie de la reine Victoria

En 1874, Lagos reçoit sa première série de timbres dédiés. ll s'agit du profil gauche de la reine Victoria, surplombé de la mention « Lagos » la valeur faciale étant inscrite dans un cartouche sous l'effigie. Six valeurs sont émises et connaissent un second tirage en l875. Cela explique les nuances variables pour chaque valeur. Le même type est conservé jusqu'en l903, avec une modification de dentelure, qui passe de l2 à 14. Trente-neuf timbres arborent donc la même effigie, avec des faciales et des teintes variables. En 1904, le portrait d'Edouard VII remplace celui de Victoria pour deux séries de dix valeurs. Plus précisément, il s'agit de la même série imprimée sur deux papiers arborant un filigrane différent, qui confère une tout autre cote aux timbres !

Effigie du roi Édouard VII

Les Britanniques entrent ensuite dans les terres nigérianes, au début du XXe siècle, grâce à la Royal Niger Company. Ils colonisent d'abord le Nigéria du Sud, auquel Lagos est rattaché en 1906, puis le Nigéria du Nord. Tous les territoires fusionnent en 1914 pour devenir la colonie britannique du Nigéria. Lagos en devient alors la capitale. Le Nigéria prend son indépendance en l960, et Lagos en reste la capitale jusqu'en 1976. À partir de 1906, Lagos utilise les timbres du Nigéria du Sud, puis de la colonie du Nigéria à partir de 1914.


Biafra

C'est le 26 mai 1967 que cette province méridionale du Nigéria déclare sa sécession. Trois jours plus tard, elle s'autoproclame indépendante, installe sa capitale à Enugu. Son tenitoire s'étend sur 76 364 km2 et sa population, au tout début de la guerre, se chiffre à 13,5 millions d'individus.

De profonds désaccords entre ethnies (Haoussas du nord majoritairement musulmans, Yorubas à l'ouest, au sud-ouest musulmans et chrétiens et lgbos au sud-est majoritairement chrétiens et animistes) sont à l'origine de ce conflit. Les différents coups d'État qui se sont succédé après l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1960 placèrent à chaque fois une ou deux ethnies aux rènes du gouvernement et celle(s) qui en étai(en)t écartée(s) refusai(en)t évidemment d'en reconnaïtre l'autorité. Cette situation engendra des tensions, des persécutions entre musulmans et chrétiens, et des pogroms. Jusqu'au jour o&ugrace; le gouverneur de la province du Biafra, le colonel Ojukwu décida de faire sécession.

Les trois premiers timbres émis

Mais le Biafra, c'est aussi et surtout les deux tiers des ressources énergétiques du Nigeria et le gouvernement de Lagos ne put que décréter l'état d'urgence et dépêcher des troupes pour reconquérir le territoire perdu. Ce conflit retient évidemment l'attention de nombreux pays qu'il s'agisse d'États voisins ou de grandes nations. Certains vont reconnaïtre le nouvel État, comme la France qui va l'aider militairement (armement et mercenaires) tandis que d'autre comme la Grande-Bretagne ou l'URSS soutiendront le gouvernement fédéral.

Cette guerre qui va durer deux ans et demi (juillet 1967 à janvier 1970) va égalementgénérer son lot de misères et plus particulièrement entraïner une importante famine quittera plus de deux millions de personnes malgré les ponts aériens.

À la fin de 1969, la république du Biafra n'est plus qu'une petite poche de résistance ; le colonel Ojukwu s'enfuit en Côte d'lvoire tandis que son premier ministre, Philippe Effong, signe la capitulation le 12 janvier 1970. Le 15, le gouvernement fédéral reprend le contrôle de sa province.

Le conflit du Biafra a été également précurseur : la médiatisation de la détresse des populations donnant mauvaise conscience aux publics occidentaux et permettant une instrumentalisation de l'information (utilisation du terme « génocide » par exemple alors que rien de tel n'a eu lieu) et donné naissance à une nouvelle forme d'aide humanitaire avec la naissance de Médecins sans frontières, la première des nombreuses ONG que nous connaissons tous aujourd'hui. En effet, durant le conflit, le Nigeria avait refusé l'action de la Croix-Rouge pourtant neutre et même aGE/ge-bt00tu un de ses avions. Sachez pour finir qu'il existe encore aujourd'hui un mouvement politique pour l'indépendance du Biafra...



Mise en ligne : 04/04/2016 - Dernière mise à jour : 02/02/2017