PHILAPOSTEL

Jusqu'au 18-11-2016

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L'Association des Collectionneurs
de La Poste et d'Orange

Philatélistes, cartophiles, numismates, toutes collections

Château de Gien (Loiret)
Revues de Presse
Atout Timbres n° 155 du 15 novembre au 15 décembre 2010

Engagé dans le mouvement philatélique depuis les années 1980, François Mennessiez a accepté de nouvelles responsabilités, en mars dernier, lors de son accession à la présidence de HILAPOSTEL.

Ce regroupement de vingt-cinq associations départementales ou régionales de France métropolitaine et d'Outre-Mer réunit des philatélistes issus en majorité de La Poste, de France Télécom et de leurs filiales.

Quel est votre parcours de postier ?

Après mes études en droit, j'ai passé le concours d'inspecteur des PTT. Mes cinq premières années professionnelles se sont déroulées dans ma région d'origine : le Nord. Ensuite, j'ai travaillé trois ans dans l'Aisne ; trois ans en Touraine, comme directeur d'un bureau de poste, et enfin, deux ans à Besançon.

En 1997, j'ai eu la chance d'être recruté sur le projet de Philex-France'99 (NDLR : mondial de la philatélie qui s'est tenu à Paris, du 2 au 11 juillet, et a été consacré au 150ème anniversaire du 1er timbre-poste français). Cet évènement était orchestré par Serge Debien, qui était alors directeur du musée de La Poste et son adjoint, Christian Montet. Le portefeuille dédié à la présentation des collections avait été confié à Pierre Londeix, philatéliste érudit. Marie-Jo Charneau était responsable de la communication.

Pour ma part, je gérais la commercialisation des stands aux négociants et aux postes étrangères. Je me suis aussi investi auprès de Philippe Lesage et de son équipe pour les animations Jeunesse. Une autre responsabilité m'avait été déléguée : la sécurité comprenant les assurances, la douane et le gardiennage, soit pas moins de quarante-cinq personnes à encadrer sur ce seul poste.

Cette manifestation a été un succès. Par la suite, j'ai obtenu des affectations en Vendée ; puis à Chaumont, dans la Haute-Marne, où j'étais directeur départemental. Après un passage à Laval, je suis aujourd'hui responsable des RH et l'action territoriale à la Délégation du groupe La Poste en Poitou-Charentes.

Comment avez-vous commencé la philatélie ?

Comme tout le monde, en reprenant la collection de mon père. Entré à La Poste par hasard, j'ai eu la curiosité d'approfondir mes quelques connaissances philatéliques. J'ai voulu savoir qui était ce philatéliste, souvent considéré comme un client difficile par mes collégues : la personne qui vient au guichet pour demander un coin daté et des timbres avec toutes leurs dents...

Postier et philatéliste, vous vous êtes intéressé aux moyens de promouvoir le timbre-poste. Pouvez-vous revenir sur le contexte dans lequel vous ont été décernèes la plaquette Biscara, d'une part, et la médaille Dole, d'autre part ?

La plaquette Biscara m'a été remise en 1995 par Robert Deroy, notamment pour mon rôle de rédacteur en chef du journal du congrès de la FFAP. Cette année-là, s'était tenu l'un des plus beaux congrès qu'ait jamais organisé la Fédération, à Orlèans. J'en ai un souvenir extraordinaire. Par la suite, j'ai réalisé ce journal lors des congrès de Clermont-Ferrand (1996), de Dunkerque (1998), de Tours [2001), de Marseille (2002), de Poitiers (2007) et de Tarbes [2009). Des contraintes familiales m'ont parfois tenu à l'écart de ces rassemblements... La médaille Dole m'a été décernèe en 2008 par Yves Tardy pour mon implication dans le mouvement philatélique depuis 1986.

Racontez-nous votre engagement associatif...

En 1986, je suis entré au club philatélique non-fédéré de Lambersart, à côté de Lille, où je travaillais. Son responsable, René Demailly, a été un peu mon père en philatélie. J'avais vingt-six ans. Nous étions un groupe de jeunes adultes à nous réunir tous les samedis après-midi. Le mercredi soir, nous animions une émission de radio libre, consacrée ? la philatélie, de 20 h à 21 h (Radio Pacot Lambersart). Parallèlement, j'avais adhéré à l'Union des Philatélistes des PTT (NDLR : l'UPPTT est l'ancêtre de PHILAPOSTEL).

C'est aussi à cette époque que j'ai repris mes études. Je m'étais inscrit en DEA de droit public pour lequel je préparais un mémoire : ? Philatélie et droit public !. Jean-François Logette, qui était alors président de I'UPPTT, venait d'opter pour la régionalisation. Il avait lu une de mes lettres dans le courrier des lecteurs du Monde des Philatélistes, cela l'avait incité à me contacter pour me proposer la présidence régionale de I'UPPTT pour la section Nord - Pas-de-Calais. Au départ, nous avions quatorze adhérents. Deux ans plus tard, nous étions quatre-vingt-dix. J'avais la chance de compter parmi mes membres le directeur régional de La Poste. En 1986, nous avons organisé une grande exposition à Cambrin, autour de la statue de la Liberté dont on célébrait le centenaire.

Cette même année, un timbre français avait été émis sur ce sujet. Nous avions choisi ce village car, en haut de son monument aux morts, se trouve une reproduction de la célèbre statue. Lorsque j'ai quitté la région, j'ai été appelé à l'une des vice-présidences nationales de l'UPPTT en 1989. J'ai alors repris notre revue nationale La Gazette. Je l'ai remaniée et j'ai restauré une périodicité..

Que collectionnez-vous ?

Les nouveautés de France et de Monaco et j'ai deux thèmes : la BD et le cinéma, plus particulièrement les westerns. Je pourrais improviser une conférence de plusieurs heures sur les films de ce genre sortis entre 1903 et 1992. Mon autre thème de prédilection, c'est l'humour. En 1992, lors de l'exposition non-compétitive d'Hauteville-sur-Mer, pour le 40ème anniversaire de l'UPPTT, j'ai présenté quatre-vingts feuilles sur l'humour en philatélie. Les visiteurs me disaient : C'est la première fois que nous rigolons en regardant des cadres philatéliques. ?

J'ai terminé deuxième du vote du public...

L'association que vous présidez existe depuis 1952 ... En dehors du changement de nom, a-t-elle beaucoup évolué ?

Nous avons revu nos statuts lors de l'Assemblée générale de 2009. Nous avons notamment réduit notre conseil d'administration qui, de vingt et une personnes, est passé à quinze. Nous avons abandonné le renouvellement par tiers qui se pratiquait jusque-là. Tout le monde a démissionné officiellement. Trente candidats de deux tendances se sont présentés. J'ai été élu président avec la nouvelle équipe le 12 mars 2010. De plus en plus, les adhérents de nos associations ont un état d'esprit de consommateurs et je regrette que certaines valeurs tendent à disparaître. D'un côté, nous avons des bénévoles qui se dévouent sans compter et de l'autre, des personnes qui attendent de nous les mêmes services que ceux d'une entreprise privée. Or, je crois que chacun doit être acteur du mouvement philatélique associatif.

Quels sont les objectifs de PHILAPOSTEL ?

Le premier de nos objectifs est de maintenir nos effectifs. Aujourd'hui, si l'on compte les abonnés au bulletin et les adhérents, cela représente deux mille cinq cents personnes, soit 7% des effectifs de la Fédération. En 1992, nous avions atteint un apogée presque quatre mille adhérents, je crois qu'on n'a jamais atteint ce seuil. Depuis deux ans, nous avons enrayé la baisse. Je rappelle que notre association est ouverte à tous : postiers, télécommunicants et extérieurs. Nous souhaitons toutefois faire progresser nos effectifs parmi les postiers. Dans cet esprit, nous avons imaginé une affiche et nous proposons une offre spéciale pour les postiers qui adhérent à notre association. Pour eux, la cotisation n'est que de 10 € la première année. Nous voulons donner le goût du beau timbre ?. Cela figure dans nos statuts.

Quels services proposez-vous à vos adhérents ?

Nos services comprennent les échanges via les carnets de circulation, les nouveautés, la cartophilie, la marcophilie (notamment des enveloppes Premier Jour), les cartes téléphoniques, la fourniture de matériel, la médiathèque et la bibliothèque.

Pour les belles piéces que, pour des raisons de sécurité, nous ne souhaitons pas placer dans les carnets de circulation, nous avons un service dit « catalogue ».

  • Nous proposons aussi de la circulation marcophile, c'est-à-dire que nous faisons circuler des plis dans des pochettes.
  • Nous avons ouvert une section jeunes, JUVATÉLIE, qui dispose de sa propre revue : Philakid.
  • Nous proposons un service assurances pour couvrir les bénévoles, les collections exposées et les produits de circulation.
  • Il y a quatre ou cinq ans, nous avons lancé la fourniture des vignettes LISA. Nous sommes les seuls sur ce créneau.
  • En septembre, nous avons créé le service mancoliste et je suis en train de mettre en place un système pour permettre aux personnes qui n'ont pas accès à internet de créer leur timbre personnalisé.
  • PHILAPOSTEL dispose d'un site internet (NDLR : www.philapostel.net) et présente les nouveautés en matière de prêts-à-poster sur le site de PàP infos [NDLR : pap-infos.philapostel.net]
  • Comme notre association est d'envergure nationale, nous fonctionnons beaucoup par correspondance d'où l'intérêt de notre bulletin de liaison, La Gazette, publication trimestrielle.

PHILAPOSTEL a adopté une nouvelle maquette pour sa Gazette du mois d'octobre. Est-ce symptomatique d'un renouveau de l'association ?

Oui, La Gazette est un peu la vitrine de notre association. Nous avons voulu montrer que le changement d'&quipe voulait apporter une nouvelle dynamique. Dans certains cas, cette revue est le seul lien avec PHILAPOSTEL pour les adhérents. La une a beaucoup changé avec l'introduction de petits visuels en bas de page

Pour le reste, nous avons conservé une page par article et les rubriques habituelles, mais sous une forme plus aérée, plus dynamique..

À cette occasion, vous avez émis un IDtimbre « Destineo 100 g » affichant la une de La Gazette ?

Auparavant, nous sous-traitions nos envois avec un affranchissement mécanique. J'ai pensé que la moindre des choses qu'attendaient de nous nos adhérents était de trouver un timbre sur leur enveloppe. La Poste propose des tarifs intéressants pour les envois en nombre (service Destineo). Pour nous, le coùt était raisonnable et on pense changer de timbre tous les trimestres.

Vous avez conservé dans votre bulletin une rubrique humour. Au fond, vous concevez la philatélie comme un amusement ?

Absolument. Je considère que la philatélie est un plaisir avant tout. Rien ne me désole plus que certaines querelles entre nous tous. La vie est trop courte, relativisons ! J'aime ce proverbe chinois qui dit : « Adapte-toi au monde car tatête est trop petite pour que le monde syadapte. » Les philatélistes ne pourront pas imposer leur choix ? La Poste... Le slogan de PHILAPOSTEL est d'ailleurs « Collectionnez comme vous aimez ». Si l'expression comporte le verbe «: aimer » ce n'est pas un hasard. Il y a du sentiment dans la collection voire de la passion. Nous voulons développer l'amour de l'histoire et de la lettre. Je crois qu'il faut arrêter de se poser la question de l'investissement. On collectionne avant tout pour s'amuser.

Quels sont les liens de PHILAPOSTEL avec l'association homophone Filapostel ?

Filapostel avec un F est une émanation de PHILAPOSTEL avec un P. Elle a vu le jour en 1994. Leur idée est d'aller au-delà des frontiéres et de s'ouvrir au monde entier. PHILAPOSTEL avec un P se recentre sur la France. Aujourd'hui, chacun suit son chemin. D'ailleurs, Filapostel vient de changer de nom.

<Plus généralement, quelles sont les relations de PHILAPOSTEL avec la FFAP (Fédération française des Associations philatéliques) et les autres associations fédérées ?

Statutairement, toutes les associations régionales regroupées par PHILAPOSTEL sont membres de la FFAP. Nos relations avec la Fédération sont excellentes et plusieurs de nos membres sont fortement engagés dans son fonctionnement. Françoise Eslinger, la directrice de Phil@poste, est notre présidente d'honneur.

Vous venez de signer un partenariat avec L'Adresse Musée de La Poste. En quoi consiste-t-il ?

Nous tissons des liens privilégés par notre proximité professionnelle. Le musée souhaite rapprocher les postiers de leur musée d'entreprise, qui est aussi celui de la philatélie, nous sommes donc un partenaire naturel. Je suis également en train de mettre en place un partenariat avec l'Amicale des retraités de La Poste et de France Télécom. Au total, ils représentent 100 000 personnes. Un autre rapprochement est prévu avec Visualia, l'association cartophile de France Télécom et de La Poste.

Vous venez de signer un partenariat avec L'Adresse Musée de La Poste. En quoi consiste-t-il ? Que peut-on souhaiter ? PHILAPOSTEL pour l'avenir ?

Qu'elle demeure une association innovante où il fait bon être adhérent et où la passion du timbre-poste se cultive. Nous avons comme vraie mission de développer la culture philatélique au sein des postiers. Beaucoup s'intéressent à la beauté du timbre et ils sont demandeurs d'informations sur les missions philatéliques. Cela fait quinze ans que nous nous adaptons aux évolutions de la philatélie et elles sont nombreuses. Nous nous sommes mis aux PAP, puis aux Lisa et enfin aux TPP. Nos projets ? Créer un atelier de mail-art. ? l'échelle locale, PHILAPOSTEL en a déjé un en Lorraine... J'ai aussi envie de dématérialiser un certain nombre de nos services comme les carnets de circulation voire La Gazette. Je suis trés sensible ? la dématérialisation du courrier mais je suis raisonnablement optimiste sur la collection de timbres-poste. Je pense que les philatélistes ont comme responsabilité d'utiliser des timbres. Nous devons donner l'exemple.


Propos recueillis par Sophie Bastide-Bernardin


ATOUT timbres est disponible auprès de Maryvonne Hennequez (mhennequez@yvert.com ou 03 22 71 71 87) au prix unitaire de 1,90 € + frais d'envoi ou sur abonnement.


Mise en ligne : 20/12/2010