Portugal

Angra

En dépit de ses petites dimensions (2 300 km² au total) et de son éloignement (au milieu de l'Atlantique, à 1 500 km des côtes portugaises), l'archipel des Açores a la réputation de faire chez nous la pluie et le beau temps : c'est en effet de la plus ou moins forte activité de son anticyclone que dépendent souvent les journées de ciel bleu en Europe. Les « perturbations » qui n'avaient rien d'atmosphérique n'ont pas manqué dans son histoire en général, et son histoire postale en particulier.

Émission de 1892

Possessions du Portugal depuis le XVe siècle, les Açores ont commencé par en utiliser les timbres de 1853 à 1868, date à laquelle elles disposèrent de leurs propres valeurs. De 1862 à 1905, elles furent divisées en 3 secteurs postaux désignés par les noms de leur chef-lieu : Angra, Horta et Ponta Delgada.

Émission de 1898

Angra est la principale ville de Terceira (ainsi nommée car elle fut la troisième des 9 îles de l'archipel découverte par les marins portugais) ; outre celle-ci, son secteur postal intégrait les îles de Craciosa et São Jorge. Si la philatélie ne connaît que le diminutif « Angra », les habitants de Terceira aiment bien que l'on désigne leur chef-lieu sous son nom complet : Angro do Heroismo, « Baie de l'héroïsme ».

Cet héroïsme, c'est celui dont fit preuve en 1580 sa population à deux comme à quatre pattes au cours d'une des plus incroyables batailles de l'histoire. Lorsque le roi d'Espagne Philippe II s'empara du trône du Portugal, seule l'île de Terceira prit les armes pour s'opposer à cette annexion. Philippe II dépêcha une forte flotte pour anéantir cette résistance. Le bombardement en règle dont fut victime.

la ville n'altéra pas le moral de ses défenseurs mais déclencha une panique bien compréhensible parmi les bovidés. Ainsi, lorsque les Espagnols tentèrent de débarquer, ils subirent une contre-attaque de la part d'un millier de Portugais et d'autant de vaches et de taureaux furieux. Les Espagnols, que l'on aurait cru en l'occurrence plus tauromaques - mais il est vrai que la tauromachie telle que nous la connaissons n'existait pas encore -, furent repoussés. Beaucoup périrent, d'autres se jetèrent à la mer et se noyèrent ; parmi les rescapés se trouvait un certain Ceruantès, le futur auteur de Don Quichotte. Angra do Heroismo résistera ainsi pendant 3 ans avant d'être conquise par l'Espagne, mais les Açores redeviendront portugaises en 1640, lorsque le Portugal recouvrera son indépendance.

Émission des Açores de 1906

À partir de 1906, les émissions des 3 districts disparurent et Angra, comme l'ensemble de l'archipel, utilisa des timbres légendés Açores. ■

Inhambane

Inhambane est une ville située au sud du Mozambique. au bord de la baie qui porte son nom, baie qui s'ouvre sur le canal de Mozambique. Si aujourd'hui la ville, située à 567 kilométres au sud de la capitale, donne son nom à toute une province, elle a longtemps été une place forte indépendante aux mains des Portugais

L'établissement de ce territoire sur les côtes du Mozambique est très ancien. Dès le XI>e siècle, c'est une plaque tournante du commerce de perles notamment, ou encore d'ambre gris. Marchands persans et musulmans se bousculent dans le port d'Inhambane pour négocier ces matériaux précieux. Avant la période des grandes conquêtes, les Karangas prennent le contrôle d'Inhambane.

Lors de son voyage autour de l'Afrique en 1498, Vasco de Gama jette l'ancre à Inhambane. Il s'agit d'abord d'une escale de ravitaillement. Mais l'explorateur en profite pour reconnaître les lieux. Le territoire lui plaît beaucoup et il le surnomme « Terra de Boa Cente », la terre des gens doux.

De ce fait, une expédition est commandée par le Portugal quelques années plus tard, en 1505. Francisco de Almeida est chargé de négocier avec les chefs Karangas. Les tractations s'installent dans la durée et finissent par aboutir : un poste portugais permanent est créé à Inhambane en 1534.

Dès l'installation portugaise, la taille du port s'accroît, au gré des échanges commerciaux de plus en plus nombreux. Le trafic d'ivoire et la traite négrière contribuent malheureusement à l'essor d'Inhambane, qui passe peu à peu du statut de village è celui d'une vraie ville.

Un fort est construit en 1763 afin de résister aux assauts des autres puissances européennes qui lorgnent sur les positions africaines. C'est le cas des Néerlandais et des Français, notamment, qui attaquent plusieurs fois la ville. La piraterie venue de La Réunion pille Inhambane, mais les Portugais se relèvent de ces événements.

En effet, l'essor de la ville continue durant la seconde moitié du XIXe siècle. Le territoire devient une colonie portugaise à part entière.

À partir de 1895, Inhambane utilise des timbres spécifiques. Il s'agit de vignettes du Mozambique recevant une surcharge spécifique : « Centenario De S. Antonio - Inhambane MDCCCXCV ». Quatorze valeurs, issues des séries courantes de 1886 et de 1895, reçoivent cette surcharge. La série est remplacée en 1903 par l'effigie de Carlos 1er. Les autorités portugaises vont utiliser plusieurs fois cette série avec différentes surcharges.


Elles réutilisent aussi des timbres de Macao ou du Timor, là encore avec une surcharge spécifique. On dénombre en tout cent une valeurs émises à Inhambane, entre 1895 et 1917. À partir de 1920, la colonie utilise les mêmes timbres que le Mozambique.

Les différents comptoirs colonisés par le Portugal finissent par être englobés sous la seule appellation du Mozambique. Devenues provinces d'Outre-mer du Portugal en 1951, les possessions portugaises font face à la volonté d'indépendance qui anime les autochtones. La guerre d'indépendance fait rage de 1964 à 1974 et le pays obtient officiellement son autonomie en 1975. ■