Émissions de Timbres Avril 2024

Émissions
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Agnès Varda - 1928-2019

2
avril
2024

La Poste émet un timbre à l’effigie d’Agnès Varda, photographe, cinéaste et artiste plasticienne disparue il y a cinq ans.

© La Poste 2024.
Mise en page Ségolène Carron,
Photographie Didier Doussin © ciné-tamaris.

Photographe, cinéaste et artiste plasticienne, Agnès Varda n’a cessé d’ouvrir de nouvelles portes et d’expérimenter différents moyens d’expression, mue par l’urgence, disait-elle, « de capter l’instant fragile et magnifique ». Son œuvre très personnelle, entre documentaire, fiction et autobiographie, raconte la plupart du temps des moments de vie, de la difficulté de vivre à la jubilation du bonheur.

Agnès Varda s’intéresse d’abord à la photographie. Dès 1949, elle devient la photographe attitrée du Festival d’Avignon et du Théâtre National Populaire. Elle en gardera le goût de la rigueur, cherchant à « atteindre le plus grand nombre en mettant la barre très haut »

Mission accomplie dès son premier film, La Pointe courte (1954). Un film radical, annonciateur de la Nouvelle Vague, où elle crée son propre langage. S’émancipant des codes de l’époque, elle réinvente la construction du récit, décloisonnant documentaire et fiction.

Sa filmographie compte plus de 40 courts et longs métrages. Elle aborde des sujets difficiles : la France des sans-abris avec Sans toit ni loi (1985), Lion d’or à la Mostra de Venise, la surconsommation avec Les Glaneurs et la Glaneuse (2000), la cause féministe avec L’une chante, l’autre pas (1977), les bouleversements sociaux du monde… Tout sauf moraliste, ancrée dans son temps, elle veut faire avancer les causes, avec un bel équilibre entre l’objectivité de la réalité et la subjectivité de la rêverie. Jacquot de Nantes (1991), dédié à son mari et complice Jacques Demy, emprunte le chemin de la mémoire intime.

En 2003, invitée à la Biennale de Venise, elle entame, avec succès, une nouvelle carrière d’artiste visuelle inaugurant le format d’installation d’art contemporain.

Aussi indépendante que ses amis les chats, fidèle à sa légendaire coupe au bol, joyeuse et surtout libre, Agnès Varda laisse une œuvre rare à la renommée internationale.. ■

Fabienne Azire - Tous droits réservés.

Affranchissement pour Lettre Internationale 20g

Salon Philatélique de Printemps
Salon de Provence

8
avril
2024

La Poste émet un timbre à l’occasion du Salon Philatélique de Printemps. Il sera disponible en avantpremière du jeudi 4 au samedi 6 avril 2024. C’est Salon-deProvence dans les Bouches-du-Rhône qui accueillera cette manifestation.

© La Poste 2024.
Création et gravure Christophe Laborde-Balen
d'après photos © Ville de Salon-de-Provence

Il fera bon flâner à Salon-de-Provence pendant le Salon philatélique de printemps, car cette ville réserve bien des surprises… À commencer par le château de l’Empériqui, de sa terrasse, offre une vue exceptionnelle sur la cité. Avant-garde des Alpilles voisines, ce vaisseau de pierre, l’un des trois châteaux forts de Provence encore debout, protégea la résidence des archevêques d’Arles pendant plus de dix siècles.

Jadis étape des papes et des rois de France, il abrite, depuis 1967, dans ses salles aux voûtes spectaculaires, les collections d’un de nos plus beaux musées de l’Armée.

En 1547, Nostradamus (1503-1566) s’installe à Salon-de-Provence. Auteur de nombreux ouvrages, ce médecin philosophe, qui a l’oreille de Catherine de Médicis, est surtout connu pour ses Prophéties. Une visite de sa maison, transformée en musée, est l’occasion de partir à la rencontre de cet esprit brillant qui a profondément marqué son époque. Autre célébrité du lieu, Adam de Craponne (1526-1576) en assura la prospérité. Son ingénieux système de canal, permettant d’irriguer tout le pays, marque le début de l’essor industriel et agricole de la ville. Salon se développe avec le négoce des huiles, et notamment de l’huile d’olive, essentielle à la fabrication du savon de Marseille. À partir de 1752, ce fut le début d’un âge d’or qui atteint son paroxysme à la fin du XIXe siècle, comme en témoigne l’important patrimoine architectural du quartier des savonniers.

La tour de l’Horloge (XVIIe siècle) marque l’entrée de la cité. Le vrai bonheur est de déambuler, de ruelles en places ombragées agrémentées de fontaines, dont la charmante Fontaine moussue. Et si un vrombissement vous arrache à votre rêverie, levez les yeux : la célébrissime Patrouille de France, stationnée à Salon-deProvence, est sans doute en train de se livrer à ses prouesses aériennes. Elle aussi, fait la fierté des Salonnais. ■

Fabienne Azire - Tous droits réservés.

Affranchissement pour Lettre Verte 20g

Trésors de Notre-Dame - La Charpente

15
avril
2024

La Poste émet un bloc de timbre « Trésors de Notre-Dame, la charpente ». Cette série initiée en 2020 met en lumière les trésors, les richesses et le patrimoine de la cathédrale durant toute la période de sa reconstruction.

Ce bloc clôture ainsi cette série, la réouverture de la Cathédrale étant programmée en décembre 2024.

© La Poste 2024.
Création et gravure Sarah Bougault
d'après photos de Pascal Lemaître

Surnommée « la forêt », la grande charpente de Notre-Dame de Paris est le trésor le mieux caché de la cathédrale. Invisible des fidèles et des visiteurs, elle porte la couverture de plomb qui protège les voûtes des intempéries.

Cette structure gigantesque de 100 mètres de long et 10 mètres de haut a été édifiée aux XIIe et XIIIe siècles. Elle a fait l’objet de plusieurs réfections au cours du Moyen Âge, la principale datant de 1378. Au XIXe siècle, les architectes Viollet-leDuc et Lassus restaurèrent les charpentes et édifièrent une nouvelle flèche. Après la complète destruction par le feu de cette structure unique en 2019, la décision de la reconstituer quasiment à l’identique s’est imposée. Une étude approfondie et une datation des vestiges carbonisés ont été menées par une soixantaine de chercheurs spécialistes du bois, de l’archéologue au climatologue. Parallèlement, architectes en chef des Monuments historiques et ingénieurs ont mis au point les documents et notes de calcul permettant aux charpentiers d’établir le tracé des différentes pièces de charpente. Par chance, la charpente avait fait l’objet de relevés complets dans les années 2010.

Ce chantier patrimonial d’exception a permis de faire appel à des savoir-faire pluriséculaires. Ainsi, les quelque 1 400 chênes provenant de forêts françaises ont été dégrossis selon une technique mixte mêlant sciage mécanique et équarrissage manuel. Des doloires ou haches à manche court ont été spécialement forgées pour ce chantier.

Avant d’être acheminées sur le site, les différentes parties de la charpente ont été assemblées au sol. Ce « montage à blanc » permet, selon la technique ancestrale des charpentiers, de vérifier la précision des assemblages. Avec l’achèvement de la nouvelle charpente, la cathédrale retrouve sa silhouette légendaire, découpée sur le ciel de Paris. ■

Jérôme Coignard - Tous droits réservés.

Affranchissement pour Lettre Internationale 20g

500 ans de la découverte de New-York

15
04
2024

La Poste émet un bloc composé d’un timbre à l’occasion des 500 ans de la découverte de New-York.

© La Poste 2024.
Création et gravure Louis Genty
d'après © DEEPOL by plainpicture

Le 17 avril 1524, alors qu’il explore la côte d’un continent américain dont il n’a pas encore idée pour le compte du roi François Ier, le navigateur d’origine florentine Giovanni da Verrazzano pénètre dans ce qui deviendra la baie de New York. Il nomme la contrée Nouvelle-France et la baie Nouvelle-Angoulême pour rendre hommage au roi, né François d’Angoulême

L’époque est aux explorations pour le compte des grandes puissances européennes : la fin du XVe siècle a vu se succéder les expéditions de Vasco de Gama, Christophe Colomb et, entre 1521 et 1522, celle de Cortès, qui conquiert l’empire aztèque, et celle de Magellan, qui fait le tour du monde

Verrazzano, lui, a déjà exploré la région de Terre-Neuve et du Saint-Laurent en 1508.

À bord de la Dauphine, il remonte cette fois la côte américaine depuis le sud à la recherche d’un passage vers les Indes et en rapporte la première description détaillée, description qui permettra aux géographes de l’époque d’établir des cartes relativement précises de la façade atlantique du nouveau continent. Il décrit également une contrée habitée de nombreuses populations natives, notamment dans cette grande baie de la Nouvelle-Angoulême où il rencontre les Lenapes.

Mais la nouvelle du voyage de Verrazzano restera longtemps méconnue, son rapport au roi, oublié. Au retour de l'expédition, la reine Claude de France vient de mourir et François Ier part pour l’Italie, où il perdra la bataille de Pavie. Longtemps, la « découverte » de New York sera attribuée à Henry Hudson, navigateur anglais voyageant pour le compte des Pays-Bas, qui baptise le site “Nouvelle-Amsterdam” au début du XVIIe siècle. Ce n’est qu’au milieu du XXe siècle qu’un universitaire français retracera l’épopée de Jean de Verrazane (l’autre nom de Giovanni da Verrazzano, sous lequel il aimait signer ses documents officiels) et rendra à l’explorateur la primeur de sa « découverte ». Le pont qui ferme la baie entre Brooklyn et Staten Island, achevé en 1964, lui est alors dédié. Il accueille aujourd’hui le début du fameux marathon de la ville. ■

Édition d'un bloc souvenir

Affranchissement pour Lettre Internationale 20g

Le facteur Cheval et son palais idéal

22
avril
2024

La Poste émet un bloc composé d’un timbre à l’effigie du facteur CHEVAL et son Palais idéal à l’occasion du centenaire de sa disparition.

© La Poste 2024.
Création et gravure Sophie Beaujard d'après photo portrait Bridgeman Images.

Né en 1836, fils de paysan et paysan lui-même avant de devenir employé des postes en 1867, Ferdinand Cheval a construit une œuvre architecturale à nulle autre pareille sur la commune d’Hauterives (Drôme) : un « palais idéal », exemple unique d’art naïf appliqué à l’architecture.

Celui que l’histoire désigne comme le « facteur Cheval » est un autodidacte qui n’a jamais touché une truelle avant 1879. En avril de cette année-là, au cours de sa tournée harassante – 32 kilomètres chaque jour – il trébuche sur une pierre à la forme singulière. « Je me suis dit : Puisque la nature veut faire de la sculpture, moi je ferai la maçonnerie. » Surnommée « pierre d’achoppement », elle sera la première de son palais baptisé « Temple de la nature » puis « Palais idéal ». Dès lors, il y consacre sa vie. Trente-trois ans d’un dur labeur, amassant des pierres au bord des chemins durant sa tournée, revenant les chercher le soir avec sa brouette, travaillant la nuit à la lumière d’une lampe à pétrole. Lui qui n’a jamais voyagé bâtit un incroyable palais baroque, comme tiré d’un rêve, mélangeant les cultures arabe, grecque, hindoue…

Pris pour un « fada », le facteur Cheval est cependant persuadé de la valeur de son œuvre. Il écrit : « Cette merveille dont l’auteur peut être fier sera unique dans l’univers ». Il veut prouver qu’on peut être un fils du peuple et avoir du génie.

Comme on lui refuse le droit d’y être inhumé, il construit « le Tombeau du silence et du repos sans fin » dans le cimetière communal, qu’il termine deux ans avant sa mort, survenue en 1924.

L’avant-garde artistique, avec André Breton, Max Ernst et Picasso, lui rend aussitôt hommage. Il faudra cependant attendre 1969 pour que le palais soit classé monument historique. Douce revanche pour le facteur Cheval, moqué hier et aujourd’hui universellement salué comme un maître de l’art naïf. ■

Jean-Yves Le Naour - Tous droits réservés.

Affranchissement pour Lettre Verte 20g